D'accord pour Forgotten Country, le morceau était un peu culcul.
Ben un concert mémorable, en ce qui me concerne. De par le décor, car c'est vrai que la salle est magnifique, et que les fauteuils sont ultra confortables (même s'ils n'ont servis que le temps de l'attente). De par le plaisir de retrouver sur scène un groupe aussi marquant pour notre génération de cyniques blasés de tout. De par le public, constitué de fans purs et durs qui se sont montrés, et ça fait du bien, plus intéressés par la musique que par la perspective de mener des pogos perpétuels. Une ambiance très particulière, avec un silence très attentif pour les nouveaux morceaux et une ferveur communicative à chaque grand classique reconnu.
Un concert plutôt long (2h40 environ), mais jamais longuet, Billy ayant eu l'intelligence de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier et de mêler plutôt harmonieusement les nouvelles compos aux plus anciennes. Un beau passage acoustique en milieu de concert, avec une version de To Sheila à vous donner des frissons. Quelques surprises dans la setlist avec<beaucoup de titres du Siamese Dreams (dont un Today quasiment d'entrée de jeu, pour notre plus grand plaisir), un dernier rappel inattendu mais formidable avec Annie Dog et Muzzle.
Mais l'honnêteté intellectuelle nous oblige à reconnaître qu'il y a eu quelques petites omobres à la soirée. D'une part le son, très fort mais aussi parfois confus et un peu brouillon, qui a desservi des titres comme 1979 (repris non à la guitare acoustique comme à leur habitude mais à l'électrique pour un résultat un peu décevant pour le fanboy puriste que je suis) ou Stand Inside Your Love. D'autre part, l'excessive mise en avant de Corgan qui tend à prouver pour ceux qui en doutaient encore que certes, les Smashing se reforment en 2007, mais qu'il s'agit plus que jamais du projet d'un seul homme. Les trois musiciens additionels étaient transparents, soigneusement relégués sur les bords de la scène pour laisser un maximum de champ à Billy. Même Jimmy, pour tant impeccable et impressionant de virtuosité, n'a pas vraiment eu droit à tout l'espace qui lui revenait de droit.
Quant aux dernières compos,on peut être rassurés (contrairement à la pochette de l'album): la qualité est toujours au rendez-vous. Le son reste proche de l'esprit d'un Machina, assez électrique, voire électronique malgré quelques tentatives de retour aux sources pas vraiment convaincantes. Des structures complexes, voire progressives (cf le morceau d'ouverture qui en a décontenancé plus d'un, tout en restant ultra efficace) qui affirment d'une certaine manière que ce retour n'est pas que l'arnaque commerciale que l'on pouvait soupçonner: il y a une indéniable continuité avec les travaux précédents, et il me semble que Corgan se soit authentiquement impliqué dans le travail de composition. Reste l'évidence que, bien que largement au-dessus du tout venant de la production rock actuelle, le nouvel opus ne se hisse pas au niveau exceptionnel de ses prédecesseurs (bien qu'on n'ait pas encore pu le découvrir tranquillement chez soi, j'en conviens).
Un dernier mot donc sur ce concert tant attendu, et pas en vain: les Smashing Pumpkins restent un GRAND, un TRES GRAND groupe de rock. Avec élégance, Billy nous a montré que malgré tous les reproches que l'on peut lui adresser, il n'en reste pas moins un musicien d'exception. Et Jimmy un batteur unique, qui révèle en live toute l'importance de sa présence.
Si je ne devais retenir qu'un moment de cette soirée, ce serait probablement la version de Tonight Tonight, certe un peu salopée par une caisse claire envahissante mais accueillie par le public avec une émotion incroyable. Ou alors peut-être ce Zero inattendu (pour moi, je ne pensais qu'ils joueraient leurs tubes les plus connus) et plein de rage, comme au bon vieux temps. Ou Billy souriant après le dernier rappel, applaudissant le public et esquissant quelques pas de danse. Un très très bon moment de musique, un moment rare d'émotion (en ce qui me concerne, évidemment). Un tel concert, avec un tel public, ça vous rassure encore un peu sur l'avenir du rock en général et des Smashing en particulier.
En un mot comme en cent, c'était grand plaisir.
A vous les studios.
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Une diversion...
